Le tournant ?

En revenant de notre manifestation des gilets jaunes dans notre petite ville, manifestation déprimante tant elle ressemblait à l’une de celle de la France Insoumise ou des zadistes, j’ai découvert l’épouvantable vidéo où l’on voit le pauvre Alain Finkielkraut se faire insulter par des gilets jaunes.

Que dire, sinon que je suis atterré, je n’ai pas pu prendre de distance. Les images de cet homme restant digne accablé d’insultes :

“sale juif”,

“Barre toi, sale sioniste de merde”,

“grosse merde sioniste”, “nous sommes le peuple”,

“la France elle est à nous”,

tournent dans ma tête et m’emplissent de colère. C’étaient des gilets jaunes bien particuliers, il faut dire, des excités venus des cités (et non pas des nazillons comme le prétend Bernard-Henri Lévy),  les habitués de la haine antijuive dont parle Georges Bensoussan, mais cela n’enlève rien à la honte que je ressens en tant que gilet jaune.

Je ne veux pas, je ne peux pas, m’associer à un mouvement qui ne dénonce pas fermement ce qui vient de se passer là. Tout le monde peut enfiler un gilet jaune et déverser sa haine en marge d’une manifestation, c’est vrai, mais le mouvement change peu à peu de nature. On y trouve de moins en moins d’artisans, d’ouvriers, de représentants de cette France laissée pour compte, et de plus en plus de gauchistes et de leurs alliés naturels des cités animés par la haine d’Israël et des juifs, ces responsables depuis toujours de tous les maux de l’humanité.

Les réactions outragées du gouvernement ne sont pas moins répugnantes : voici enfin venu l’incident tant attendu. Peu importe si ces gens-là ne sont en rien représentatifs de l’immense majorité des gilets jaunes, l’amalgame habituellement tant détesté est fait et sera fait jusqu’à la nausée. Je ne dirai pas que c’est de bonne guerre, car quand Bernard-Henri Levy parle de nazillons à propos d’un type qui montre son keffieh et hurle : “la France elle est à nous”, je ne vois au mieux que de l’aveuglement devant ce qui se dresse devant nous. Cette indécente récupération de ce grave incident par le gouvernement, Messieurs Griveaux et Castaner en tête, fait frémir, ce sont les mêmes qui se réjouissent de faire venir toujours plus d’antisémites en France, djihadistes en tête.

La plupart des gilets jaunes, de ceux qui ont fondé le mouvement, de ceux que l’on retrouve sur les ronds-points partagent cette inquiétude sur l’immigration musulmane incontrôlée prônée par les européistes  béats, comme notre président et son gouvernement, mais le terrorisme intellectuel de ceux qui font mine de se tordre les mains aujourd’hui les a fait taire. Il est trop profondément intégré depuis trop longtemps. Le pire est que nos médias à la botte vont ressortir la même bonne vieille recette : l’islamophobie et l’antisémitisme sont deux facettes d’une même haine. Combien de musulmans assassinés par des juifs ces vingt dernières années en France ? Ce que l’on vient de voir et sur cette vidéo, et pire encore, sera demain le sort réservé à tous ceux qui oseront critiquer nos futurs seigneurs et maîtres. Car le plus grand tort d’Alain Finkielkraut rappelons-le, c’est en plus d’être juif, d’avoir le premier dénoncé ce qu’étaient véritablement  les émeutes dans les territoires perdus de la république : des émeutes raciales.

Il ne faut pas prendre de décision sous le coup de l’émotion, il faut attendre d’être en condition de raisonner calmement, ce n’est pas mon état d’esprit au moment où j’écris ces lignes. Je ne vais pas prendre de décision ce soir donc, mais ma foi dans ce qui reste de cet authentique mouvement populaire est fortement ébranlée.

1 réflexion sur « Le tournant ? »

  1. Or précisément Finkielkraut a minimisé ce matin sur LCI les violences policières en France, et a mis l’accent sur la violence des manifestants qui selon lui reste globalement impunie : on croirait presque entendre du Berléand dans le texte, l’expression d’un parisianisme bobo apeuré. Que Finkielkraut s’en prenne aux islamo-gauchistes et aux « racailles » islamisées cela ne me gène pas car les flux migratoires incontrôlé sont la conséquence du néolibéralisme donc « in fine » du macronisme dans la lignée de ses prédécesseurs ; mais qu’il cherche à discréditer le mouvement des GJ influencé qu’il est par un certain parisianisme, j’y vois là une macronisation inquiétante de son discours alors qu’au départ il soutenait plutôt le mouvement, dont l’origine est une réaction saine aux dégâts du néolibéralisme et donc du macronisme sur leur vie quotidienne.

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