Morts pour la France

Il y a trois jours, presque pour l’anniversaire de l’attentat du Bataclan, la gauche abjecte défilait avec les racistes du PIR pour dénoncer l’islamophobie, c’est à dire pour faire taire toute critique de l’islam politique qui étend son emprise sur notre pays et suscite les vocations terroristes que l’on sait. Il y a sept ans et demi mon ami Tibor Skardanelli publiait ce texte islamophobe.

Comment se fait-il que ce soit la photo de l’assassin souriant qui s’étale aux unes et pas celle des enfants assassinés pour le seul tort d’avoir été juifs ? Pourquoi parle-t-on du terroriste mort les armes à la main et pas de la petite fille attrapée par les cheveux et abattue d’une balle dans la tête ? Pourquoi cache-t-on les victimes comme si l’on en avait honte ? Cette attitude jette une lumière crue sur la dérive de notre société. Mohamed Merah devient une sorte de héros et ses victimes des faire-valoir, à peine. La haine devient imperceptiblement un mal dont seraient atteintes les victimes du monde occidental, des juifs, de la finance internationale, un mal compréhensible finalement. Que vaut une société qui célèbre le mal ?

Aryeh, Gabriel, Myriam vous étiez des enfants, de ces enfants que l’on veut prendre dans ses bras, protéger envers et contre tout, aimer et chérir. Vous étiez ce qui est de plus sacré au monde : l’innocence et la promesse du futur. Un homme est venu dans votre école et, pour la seule raison que vous étiez juifs, vous a ôté la vie.

Nous sommes là dans nos corps pesants et nos âmes usées et notre responsabilité est immense, car c’était à nous de préserver vos vies et nous avons failli. Notre responsabilité est immense, car nous vous oublions déjà, votre meurtre nous embarrasse. Plus jamais vos mères ne vous couvriront de baisers, plus jamais vos rires n’enchanteront la vie.

Madame Sandler, Madame Monsonégo que valent nos pauvres mots ? Nous ne pouvons vous soulager d’une telle peine, nous sommes nombreux à avoir honte de ce que l’on vous a fait, mais à quoi cela sert-il ?

Amis juifs, nous sommes aussi très nombreux à partager votre douleur, votre colère et votre angoisse de voir ce mal absolu vous frapper à nouveau. Que se passe-t-il dans notre pays de France qui a cru un temps avoir conjuré ce démon ? Nous voudrions vous tendre une main fraternelle. La France sans vous perdrait une part d’elle-même, vous qui êtes venus de Pologne, de Tunisie, vous qui êtes là depuis des siècles, sachez que ce que l’on vous fait, c’est à nous qu’on le fait. Nous sommes frères et nous pouvons à peine imaginer le geste qui a coupé le fil de la vie de Myriam notre petite fille à tous. Vous n’êtes pas seuls. Ce courant de haine noire se tarira mais tant qu’il coulera nous nous tiendrons à vos côtés, comme nous danserons ensemble quand viendront les temps meilleurs.

À toi le père qui a voulu t’interposer, honneur à toi, ton sacrifice même s’il n’a pas pu empêcher l’irréparable est l’image même du courage et de la dignité. Que ce Dieu que nous adorons de façon différente t’accueille dans sa miséricorde, ton épouse chérie peut être fière de toi du fond de son immense peine. Jonathan nous te gardons dans notre coeur comme un exemple, nous ne t’oublierons pas.

À vous, nos vaillants soldats lâchement assassinés, honneur à vous aussi. Nous sommes fiers de votre engagement, du sacrifice que vous étiez prêts à faire et que vous avez finalement fait. Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouade vous méritiez une autre mort que celle que donne un lâche habité par la haine, sachez qu’à l’instar de vos frères d’armes tombés en Afghanistan, vous êtes tombés pour la France, en pleine gloire.

Et toi, Israël, dont la terre enveloppe le corps de nos enfants, par delà le mur d’incompréhension que nos ennemis ont dressé entre nous, toi Israël sache que malgré les apparences nous sommes nombreux à t’aimer et te soutenir en dépit des crachats, de la haine et des mensonges. Sache aussi qu’un jour viendra où les masques tomberont, où les hypocrites seront confondus. Sache que nombreux sont ceux qui admirent ta vitalité et la force qu’il te faut pour rester une démocratie, peut-être d’ailleurs la démocratie la plus exemplaire qui soit. Comment fais-tu pour te maintenir intact au milieu de cet océan de haine, nous n’oublions pas Oum Kalthoum chantant : « Égorge le juif, égorge le juif ! » Nous n’oublions pas.

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