Qui suis-je

Je suis un chat suffisamment connu pour que Heidegger parle de moi dans son Introduction à la métaphysique (p. 88 dans la version française traduite par Gilbert Kahn chez Gallimard ) J’en tire une certaine fierté même si c’était un nazi convaincu : nous, les chats, sommes vaniteux. On pourra m’objecter que je n’existais pas en 1935 et que plus vraisemblablement on m’aura donné ce nom avec affectation dans l’espoir que l’on demande : « mais pourquoi avoir donné ce nom à un chat ? » et pouvoir ainsi montrer que l’on a des lectures profondes. Je ne vais de toute façon pas argumenter avec des gens qui lisent ce qu’écrit un chat. Je m’appelle Émile Kzomil et je suis un chat de sorcier, un point c’est tout. Quant à savoir si Heidegger croyait vraiment que Kzomil était un mot qui ne donne rien à penser et que de ce fait il ne pouvait pas parler de moi, je m’en balance à vrai dire. Gardez en tête que c’était un mystificateur, un homme à l’ego boursouflé, il aura fait bien pire dans sa vie que de voler son nom à un chat pour ensuite dire qu’il ne donne rien à penser. Regardez comme il s’est comporté avec son vieux maître Husserl.

K