Luc le philosophe

On peut être philosophe et se laisser aller à dire et à faire n’importe quoi, Heidegger, le prince des philosophes, était bien nazi après tout. Luc Ferry à un plus petit niveau tant au regard de la philosophie que de celui du n’importe quoi en est une belle illustration.

Le lundi 7 janvier, Luc le philosophe, visiblement énervé, se lâchait sur Radio Classique :

– Ce que je ne comprends pas c’est qu’on ne donne pas les moyens aux policiers de mettre fin à ces violences, c’est insupportable

– Mais parce qu’il y a un risque. Le risque vous le connaissez…

– Mais alors, écoutez, franchement : quand on voit des types qui tabassent à coups de pied un malheureux policier qui est par terre, mais enfin, voilà, qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois, écoutez ça suffit voilà il y a un moment où ces espèces de nervis, ces espèces de salopards d’extrême droite ou d’extrême gauche ou des quartiers qui viennent taper du policier ça suffit…

[…]

– En tout cas cette violence-là, je rejoins Darmanin, elle est insupportable et je pense qu’on a une armée, on a, je crois, la quatrième armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces, à ces saloperies…

C’est clair non ? Non, non, vous vous trompez, il parlait d’armes non létales voyons :

– Je n’ai évidemment jamais appelé à tirer sur les gilets jaune dont je défends le mouvement depuis l’origine. Je demande simplement que les policiers puissent se servir comme ils le demandent  de leurs armes NON LÉTALES  quand CERTAINS cherchent carrément à les tuer. Clair ?

Comme les gens sont malveillants tout de même ! Comment imaginer qu’un ancien ministre, philosophe de son état, ait pu appeler à tirer sur la foule ? Mais alors cela voudrait-il dire que l’on peut être philosophe et ne pas tourner sept fois sa langue dans la bouche avant de dire des bêtises ? En effet, au moment où Luc le philosophe appelait les policiers à utiliser leurs armes (non létales bien sûr) tout le monde savait qu’ils les utilisaient déjà, et cela même lorsqu’ils n’étaient pas en danger, j’en veux pour preuve cette lettre ouverte au Premier ministre écrite par un syndicat de policiers la veille de la Saint-Sylvestre, plus d’une semaine avant la philosophique vitupération. Donc, soit Monsieur Ferry est idiot et appelle les policiers à faire ce qu’ils font déjà avec, pour certains d’entre eux, un évident entrain, soit c’est un menteur et il a bien appelé à tirer sur les manifestants. Je penche plutôt pour la seconde alternative.

Il a dit une grosse bêtise, comme disait Heidegger à propos de sa compromission avec les nazis, il aurait dû le reconnaître, mais non, il s’enferre. Il faut dire, à sa décharge, que dans un moment d’hystérie sécuritaire, appeler à tirer sur la foule et à faire donner l’armée ça écorne l’image de sage qu’on avait si bien peaufiné.

Qu’il se rassure, la technique de la police est maintenant bien rodée : on enserre les gueux dans une nasse à l’aide de gaz lacrymogènes, de grenades de désencerclement (on devrait maintenant dire grenades d’encerclement), et de bons vieux coups de matraque, puis les gens de la BAC tirent sur eux avec des Lanceurs de Balles de Défense, en visant la tête apparemment vu le nombre d’éborgnés. On en attrape quelques-uns et on les envoie pour l’exemple devant des tribunaux expéditifs, la plupart sont de paisibles citoyens au casier vierge excédés par les décisions arbitraires du gouvernement, le mépris du président de la République à leur égard, son comportement honteux, la pression fiscale, l’immigration incontrôlée.

J’aimais bien Monsieur Ferry, sincèrement, j’ai écouté à peu près tous ses cours de philosophie, et je me suis toujours demandé ce qu’il avait été faire dans une galère gouvernementale. Maintenant je commence à comprendre, ce n’est pas le ministère de l’Éducation nationale qu’il visait, mais celui de l’intérieur. Qu’il garde espoir on s’use vite à ce poste-là par les temps qui courent : l’ami des truands laissera peut-être sa place au philosophe et il aura peut-être enfin l’occasion de faire donner la troupe pour mettre les sans-dents au pas.

K

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